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MATHADORE
Volume 5 Numéro 186 - 22 mai 2005
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Difficultés en résolution de problèmes (3)
L’élève qui comprend bien ce que sont les mathématiques,
et qui devrait réussir en résolution de problèmes,
peut très bien être en difficulté s’il n’a pas une
bonne méthode de travail. Trop souvent, résoudre un problème
est une course de type sprint et non une course de fond. Lors d’une course
de cent mètres, le coureur donne tout ce qu’il a pendant une dizaine
de secondes, durée totale de sa course. Pendant une course de fond,
pendant un marathon, le coureur modifie sa vitesse. Il commence lentement,
fait quelques pointes de vitesse, ralentit, s’ajuste en fonction du terrain,
de sa fatigue, des autres coureurs.
Résoudre un problème ressemble davantage à courir
un marathon qu’un sprint. Le travail se modifie régulièrement.
Tantôt il est créatif, tantôt il est de type logique,
tantôt il passe en mode d’exécution automatique. Essayons
de décortiquer le processus de résolution de problèmes
en phases distinctes et séquentielles.
1. L’étape analogique
Cette étape commence… avant la lecture du problème. Le
fait de savoir qu’un problème mathématique, scientifique,
éthique ou autre va nous être posé déclenche
certaines perceptions, parfois certains préjugés, relativement
au contexte du problème et au type de travail à accomplir.
Les premiers mots du problème vont alors surprendre ou confirmer
ce qui est attendu. Par la suite, et ce bien avant que la lecture soit
complétée, diverses associations seront effectuées.
L’élève qui ne fait pas de telles analogies, parallèlement
à la lecture du problème, aura habituellement de la difficulté
à comprendre le problème. Celui-là lit jusqu’au bout
et attend une sorte de révélation. L’autre entrevoit divers
contextes, en élimine quelques-uns, en évoque d’autres pendant
sa lecture. Bref son cerveau est déjà très actif,
il ne se limite pas au décodage. Souvent même, il interrompt
la lecture du problème afin d’énoncer ses idées ou
divers souvenirs.
La lecture terminée, l’élève qui n’a fait que du
décodage se voit souvent obligé de relire le problème.
Malheureusement, il le lira souvent de la même façon, sans
que la révélation survienne à la fin.
Après une première lecture, l’autre élève
met le texte de côté et se lance dans une véritable
tempête d’idées. Parfois il évoque un contexte différent,
parfois une piste de solution. Aucune censure ne doit intervenir ici, l’échec
consiste à ne pas avoir d’idées et non pas à générer
des idées inadéquates.
2. L’étape logique
C’est le calme après la tempête. Les idées évoquées
à la phase précédente seront analysées. Est-ce
qu’elles sont pertinentes compte tenu des données du problème
? Les pistes de solutions proposées sont-elles réalisables
? A-t-on les informations, le temps, les moyens techniques pour les mettre
en œuvre ? Compte tenu des résultats attendus, ces pistes peuvent-elles
nous y conduire ? Comment se présentera la solution : un graphe,
un nombre, une équation, une construction, un oui ou un non, etc.
?
Une piste prometteuse de solution sera choisie suite à cette
analyse. Cette solution sera alors construite pas à pas en vérifiant
à la fois si l’orientation de la solution et les données
du problème sont respectées. On s’assurera aussi que chaque
étape de la solution est correcte, si ce qui est tenu pour prouvé
l’est vraiment.
Cette deuxième partie du processus de résolution exige
énormément d’attention. Tous les détails sont passés
à la loupe. Le contexte demeure présent, mais il a été
suffisamment encadré pour que la créativité ne soit
plus de mise. Bref, il s’agit d’une phase de calcul logique où la
rigueur mathématique prend le contrôle.
3. L’étape technique
Cette étape peut être insérée au besoin,
et à quelques reprises, pendant le déroulement de l’étape
logique. Pendant cette étape, une mesure ou un calcul numérique
ou algébrique peut être effectué et valider le processus.
Ce n’est pas toujours nécessaire puisque, à l’étape
logique, il est possible de se contenter de structurer la solution en précisant,
par exemple, qu’il faut d’abord recueillir des données, trouver
ensuite une moyenne, multiplier par tel nombre, etc. Il est donc possible
d’insérer, au besoin, les éléments de l’étape
technique à l’intérieur de l’étape logique et il est
aussi possible que l’étape logique soit complétée
avant que l’étape technique prenne le relais. Une chose est certaine,
l’étape analogique encadre tout le processus et l’étape logique
encadre l’étape technique.
4. L’étape de la communication spécialisée
Certes, tout ce qui précède ne s’est pas effectué
sans communication, mais ce n’est pas de cela dont il s’agit ici. Nous
en sommes rendus à dresser un procès-verbal de la solution.
Ce procès-verbal devra être le plus bref et le plus précis
possible. En mathématiques, il existe un ensemble de symboles et
de termes qui permettent de dresser de tels procès-verbaux, que
nous désignons souvent au moyen de l’expression « solution
du problème ». C’est un peu restrictif ! La solution englobe
beaucoup plus que le procès-verbal du processus. Parfois même,
ce procès-verbal n’est pas nécessaire.
Le procès-verbal, peut être un graphe, une formule, une
égalité, etc. Il dépend du problème posé,
ce qui ramène à la première étape afin de s’assurer
que le contexte du problème est respecté.
Robert Lyons
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