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MATHADORE
Volume 5 Numéro 170 spécial - 12 décembre 2004
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Démonstration de la conjecture de Fermat,
dite théorème de Fermat
Considérons dabord que tout entier
impair élevé à une puissance n quelconque, où
n est un entier positif, est égal à la différence
entre les carrés de deux entiers consécutifs.
Exemples :
A² = X² Y² = ( X Y )
( X + Y ) tel 3² = 5² 4²
= ( 5 4 ) ( 5 + 4 )
A³ = X² Y² = ( X Y )
( X + Y ) tel 3³ = 14² 13² = (
14 13 ) ( 14 + 13 )
=
X² Y² = ( X Y ) ( X + Y ) tel
= 41² 40² = ( 41 40 ) ( 41 + 40 ).
Tentons de vérifier si A³ =
C³ B³
Convenons que X² = C³ et que Y²
= B³ donc que X =
et que Y = .
Nous obtenons que A³ = C³ B³
= (
) ( +
).
Où (
) = 1 et (
+ ) = C³.
Cela signifie que nous sommes assurés
qu'au moins une solution existe pour
A³ =
C³ B³ et que, pour cette solution,
puisque X =
et Y =
,
C³
et B³ sont
des carrés, donc que C
et B sont des
carrés.
Les nombres A², A³, ,
peuvent aussi être factorisés comme suit :
A² = ( C B ) ( C + B )
A³ = ( C B ) ( C² + CB + B²
)
=
( C B ) ( C³ + C²B + CB² + B³ )
Lorsque ( C B ) = 1, nous obtenons :
A² = C + B
A³ = C² + CB + B²
=
C³ + C²B + CB² + B³
Ainsi, le cube A³ peut être décomposé
de deux façons dans lesquelles lorsque le premier terme est égal
à 1, le second terme est égal à A³ :
A³ = C³ B³ = (
) ( +
).
A³ = C³ B³ =
( C B ) ( C² + CB + B² ).
Dans les deux cas, nous avons une multiplication.
Donc, nous pouvons illustrer cette multiplication par un rectangle dont
laire sera chaque fois A³ ou C³ B³ . Dans un cas, (
) et ( +
) seront les côtés du rectangle alors que, dans lautre cas,
( C B ) et ( C² + CB + B² ) représenteront
aussi les mêmes côtés.
Nous pouvons aussi conclure que le rectangle
qui suit représente tous les A³
qui respectent l'équation A³ =
C³ B³, laquelle peut toujours
être décomposée
des deux manières vues précédemment.
De plus, quelle que soit la valeur de A³
et partant, quelles que soient les dimensions
du rectangle dont A³
représente l'aire, ( C B ) et
(
) représentent toujours le même
côté et sont donc toujours égaux entre eux. Il en va
de même pour
( C² + CB + B² ) et
(
+ ).
Voici donc le rectangle qui illustre ces deux
possibilités :
Or, si C B =
, C =
et B =
Seuls deux nombres peuvent satisfaire ces équations
: 1 et 0.
Il en résulte que C = 1 et que B = 0.
Vérifions en comparant C² +
CB + B² à +
.
C² est plus grand ou égal à
et B² est aussi plus grand ou égal à
.
Alors C² + B² est forcément plus
grand ou égal à
+ .
Donc pour que C² + CB + B² = + ,
il faut que C² = , que B²
= et que CB = 0.
Doù C = 1 et B = 0.
Est-il possible que C B et
soient différents
de 1 ?
Puisque C B et
représentent toujours
le même côté dun même rectangle et puisque C²
+ CB + B² et +
, représentent lautre côté, il faut conclure que C
= 1 et que B = 0, sinon, C² + CB + B² devient plus grand que +
.
Nous sommes dans un système à liens
multiples où la moindre variation d'une variable entraîne
un bris de la structure.
Ainsi, si C
varie seul, B
étant toujours égal à 0,
nous obtenons encore une équation du type A³
= C³ 0, laquelle ne satisfait pas aux
données du théorème.
En ce qui concerne B,
comme il est égal à 0,
il ne peut être diminué et comme C
= 1 et que C
> B, B ne peut varier seul.
Il reste à tenter de faire varier C
et B à
la hausse. Voici alors les trois possibilités :
- L'écart entre C et B est maintenu
constant
Dans ce cas, même si C
B est toujours égal à 1,
en augmentant C
et B , C²
+ CB + B³ augmente donc A³
augmente et, si A³
est toujours un cube, nous revenons au problème initial où
obligatoirement C = 1
et B = 0.
- L'écart entre C et B est réduit
Dans ce cas, l'écart
entre C et B
devient plus petit que 1
et C et B
ne peuvent
être deux entiers, ce que l'énoncé
du théorème exige.
- L'écart entre C et B augmente
Dans ce cas, comme C
et B augmentent,
C² + CB + B²
augmente aussi et, en conséquence, A³
augmente et, encore une fois, si A³
est toujours un cube, nous revenons au problème initial où
obligatoirement C = 1
et B = 0.
Quen est-il pour
?
Nous avons la même situation puisque :
= =
( C B ) ( C³ + C²B
+ CB² + B³ )
Et
=
On constate que C = 1 et B = 0 et quil ny a
aucune autre possibilité.
Pour tous les exposants plus grands que 2, la
même situation simpose.
Robert Lyons, le 12 décembre 2004.
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