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MATHADORE
Volume 5 Numéro 170 - 12 décembre 2004
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Le grand secret en résolution de problèmes
Ce grand secret comporte trois volets qui s’encastrent
comme des poupées gigognes. Au centre, l’image mentale, elle est
à la base de la compréhension du problème. Elle doit
être simple et doit bien représenter l’ensemble du problème
tout en laissant une large part à la créativité,
qui est la seconde poupée, celle qui entoure l’image mentale. En
mathématiques, cette créativité peut se traduire en
symboles grâce à la très grande souplesse du symbolisme
mathématique, c’est la troisième poupée, la
« poupée emballage ».
Prenons une image mentale simple et bien connue
: le rectangle. Avec un peu d’imagination, nous pouvons associer le rectangle
à de nombreux types de problèmes :
- Un véhicule avance à la vitesse
moyenne de 50 km/h. Quelle distance parcourt-il en 4 heures ?
- Si un volume coûte 50 $, combien coûtent
4 volumes semblables ?
- Un passage piétonnier mesure 50 mètres
de longueur et 4 mètres de largeur. Quelle est l’aire de ce passage
?
Le rectangle constitue l’image mentale de référence,
celle qui aide à comprendre la situation, celle qui peut rapprocher
cette situation d’une autre qui est connue. L’image mentale facilite donc
le transfert. On peut même se demander si elle n’en constitue pas
le véhicule.
Voici deux nouveaux rectangles.
Le premier rectangle mesure 14 cm sur 23 cm.
Son aire est de 14 cm x 23 cm = 322 cm². Le second rectangle ne représente
que des nombres et peut nous permettre de visualiser les différentes
étapes de la multiplication de 23 par 14.
Le même rectangle peut aussi servir à
illustrer que
(2x + 3y) (x +
4y) = 2x² + 11xy +12y²
ou que 2,3 x 1,4 = 3,22.
Les quatre derniers rectangles peuvent donc être
décrits au moyen de systèmes symboliques différents,
mais le concept de base est toujours le même. Pourtant, les élèves
effectueront 23 x 14 vers l’âge de dix ans. Deux ans plus tard ce
sera le tour de 2,3 x 1,4 et, après quatre nouvelles années
d’études, ils se mesureront à (2x + 3y) (x + 4y). Ils feront
rarement les liens entre ces trois multiplications. Chose remarquable,
en commençant par présenter le rectangle, qui sert de support
à ces trois multiplications, il faut environ une heure aux élèves
de dix ans pour pouvoir effectuer et comprendre ces trois multiplications.
De plus, de façon très claire, les élèves mentionnent
alors que c’est la multiplication algébrique qui est la plus facile
puisque, dans ce cas, il n’est pas nécessaire de regrouper certains
types d’unités et d’effectuer une transformation. Exemple : 12 unités
= 1 dizaine + 2 unités.
En algèbre, 12y² demeurent 12y².
L’image mentale est donc à la base de la
compréhension, première étape en résolution
de problèmes. Elle permet de voir le problème dans
son ensemble, d’imaginer des solutions et de choisir les symboles adéquats
pour codifier ses idées.
La personne qui utilise l’image mentale ne peut
faire autrement que d’associer les mathématiques à des réalités
concrètes. Par contre, celle qui les ignore ne peut comprendre le
rôle des mathématiques et s’enferme dans un univers de raisonnement,
de symbolisme et de mémorisation.
Pensez à un élève de seize
ans qui doit apprendre à multiplier les nombres algébriques.
S’il sait comment cette multiplication s’associe à un rectangle
et à la multiplication déjà apprise de nombres entiers,
son apprentissage sera rapide et solide. Par contre, son camarade qui ne
fait pas de telles associations se croira devant un apprentissage totalement
nouveau. Quel est le pourcentage d’élèves de seize ans et
plus qui savent que de telles associations sont possibles ? Environ deux
pourcent (2%).
L’image mentale est à la base de la compréhension
et du transfert. Elle rend les choses tellement plus simples. Parmi toutes
les images mentales précieuses, le rectangle est la plus importante.
Ce n’est pas surprenant, regardez autour de vous, quelle est la figure
géométrique que vous voyez le plus ? Si les mathématiques
ont été construites pour nous permettre de comprendre notre
environnement, n’est-il pas normal que le rectangle y trouve une place
si importante ?
Afin d’en donner une preuve plus éclatante
encore, consultez « Mathadore 170 – Spécial », en pièce
jointe ou sur www.defimath.ca. Vous y trouverez une démonstration
extrêmement simple de la conjecture de Fermat. Pensez que l’autre
solution, laquelle existe depuis dix ans, comporte 120 pages de mathématiques
avancées. C’est un chef d’œuvre de logique. La solution de «
Mathadore 170 – Spécial » est plus simple et plus facile car
elle est encadrée par une image mentale qui nous rappelle les données
du problème et les règles mathématiques applicables.
Robert Lyons
Prochaine parution : 15 janvier 2005.
Joyeuses Fêtes !
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