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MATHADORE
Volume 5 Numéro 163 - 24 octobre 2004
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
La résolution
de problèmes : le but des maths
Depuis Mathadore 159, nous discutons de la résolution de problèmes
vue telle une didactique ou une façon d’enseigner et, partant, d’une
façon d’apprendre. Cela n’est qu’un des nombreux sens que l’on attribue
à la résolution de problèmes. Abordons-en un autre.
L’objet des mathématiques
Essentiellement les mathématiques visent la compréhension
de l’univers qui nous entoure. Elles étudient les caractéristiques
de cet univers en tentant d’isoler des ensembles de règles qui permettent
non seulement de décrire notre environnement, mais aussi de le contrôler.
Bien peu d’éléments et d’événements ne peuvent
être mathématisés. Le sculpteur qui doit tirer une
statue d’un bloc de granit se fera d’abord une image mentale de sa statue.
Il en déterminera approximativement les diverses dimensions afin
de choisir un bloc ni trop petit, ni trop grand. Le réalisateur
d’un film doit tenir compte de multiples facteurs, temps de chaque scène,
horaire de tournage, disponibilité des comédiens, des décors,
entre autres. Le directeur d’école doit concevoir des horaires,
l’enseignante doit planifier ses cours. Le commerçant doit s’assurer
d’avoir des stocks adéquats et… le politicien doit lire les sondages.
Nos actions quotidiennes peuvent donc être mathématisées.
De plus, les mathématiques, en isolant des lois dans des domaines
divers, réussissent souvent à effectuer des rapprochements
entre ces divers domaines. Ainsi en est-il de la loi des signes en multiplication
qui énonce que deux signes semblables, que l’on multiplie, donnent
un signe positif (+ x + = + et – x – = +) alors que deux signes opposés
donnent un signe négatif (+ x – = – et – x + = –). Cette loi est
présentes dans de nombreuses activités quotidiennes :
- En français :
1. C’est vrai (+) qu’il est poli (+) donc il est poli (+).
2. C’est vrai (+) qu’il est impoli (–) donc il est impoli (–).
3. C’est faux (–) qu’il est poli (+) donc il est impoli (–).
4. C’est faux (–) qu’il est impoli (-–) donc il est poli (+).
- En magnétisme :
1. Deux pôles semblables se repoussent (+) : (+ x + = +
et – x – = +).
2. Deux pôles opposés s’attirent (–) : (+ x – = –).
- En électricité :
Observez les positions des leviers des deux commutateurs qui permettent
d’allumer et d’éteindre une ampoule électrique fixée
au dessus d’un escalier. Allumez l’ampoule (+) et identifiez la position
actuelle du levier de chaque commutateur par un (+). Identifier la position
opposée de chaque levier par un (–). Vous verrez que lorsque les
deux leviers sont en position (+), l’ampoule s’allume (+) et que lorsque
les deux leviers sont en position (–), l’ampoule s’allume aussi. Par contre,
si un levier est en position (+) et l’autre en position (–), l’ampoule
reste éteinte (–).
- En calcul (J’allais oublier !) :
Nous savons que 9 x 9 = 81 et que 10 – 1 = 9. D’où (10 – 1)
x (10 – 1) = 81. Si nous effectuons la multiplication sur (10 – 1) x (10
– 1) nous devons faire :
10 x 10 = +100
10 x –1 = –10
–1 x 10 = –10
–1 x –1 = +1
(10 – 1) x (10 –1) = 100 – 10 – 10 + 1 = 81
Les mathématiques décrivent et s’adaptent à notre
environnement. Si notre environnement change, les mathématiques
doivent changer. Surprenant ? Pas vraiment ! Au Moyen Âge,
les échanges étaient limités. Les unités de
mesure, par exemple, n’avaient pas à être universelles. Ainsi,
la livre était une mesure de poids dont la valeur variait selon
qu’elle était utilisée par les orfèvres, par les apothicaires
ou sur le marché public. Au Moyen Âge, elle variait aussi
d’une ville à une autre. Avec les échanges internationaux,
il a été nécessaire d’abandonner la mesure de poids
et de la remplacer par une mesure de masse, le kilogramme.
La mesure de masse possède un premier avantage sur la mesure
de poids, c’est qu’elle ne varie pas selon l’endroit où nous sommes
sur la Terre ou sur la Lune. Ce n’est pas le cas pour la mesure de poids
qui dépend non seulement de l’endroit où l’on se trouve mais
de l’usage qu’on en fait.
Au Moyen Âge, la Terre était plate, enfin c’est ce que
la majorité des gens pensaient et, pour eux, la géométrie
plane était satisfaisante. Vous avez lu Le Petit Prince d’Antoine
de Saint-Exupéry. Pour celui-ci, installé sur sa minuscule
planète, une géométrie plane n’aurait que peu d’utilité.
Pour lui, une géométrie sphérique devient essentielle.
Quelles différences cela fait-il ? Il y en a plusieurs. En géométrie
sphérique, si vous tracez un triangle, la somme de ses angles sera
supérieure à 180 degrés. Essayez sur un globe terrestre.
Partez du Pôle Nord et joignez l’Équateur par deux traits
différents. Ces traits formeront deux angles de 90 degrés
avec l’Équateur. Le triangle formé par l’Équateur
et par ces deux traits joints au Pôle aura des angles dont la somme
sera forcément plus grande que 180 degrés. Pilotes de long
courrier, prenez-en note.
Bref, les mathématiques sont d’abord et avant tout un système
d’analyse de notre monde. Si les mathématiques sont logiques ou
cohérentes, c’est simplement parce qu’elles reflètent l’ordre
de la nature.
La semaine prochaine : les mathématiques réduites à
un langage.
Robert Lyons
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