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MATHADORE
Volume 4 Numéro 131 - 2 novembre 2003
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Votre troisième défi : la mouche
Sur une route droite, deux cyclistes roulent l’un vers l’autre. Chacun
avance à une vitesse constante de
20 kilomètres à l’heure. Au moment de leur départ,
exactement 40 kilomètres les séparaient. Au même moment,
une mouche, posée sur une des deux bicyclettes, s’est envolée
vers l’autre bicyclette. Lorsqu’elle a atteint cette seconde bicyclette,
elle a changé de direction pour revenir jusqu’à la première
bicyclette. Si elle continue ainsi son manège à une vitesse
constante de 30 kilomètres à l’heure, quelle distance aura-t-elle
parcourue lorsque les deux bicyclettes se rejoindront ?
Solution au problème des briques – Mathadore 129
Rappelons d’abord le problème :
Devant vous, il y a dix piles de briques qui semblent parfaitement identiques.
Malheureusement, dans une de ces piles, toutes les briques pèsent
10 grammes de moins que chacune des briques des autres piles. Le poids
d'une brique normale est connu.
Vous disposez d’un dynamomètre ( ou d’un pèse-personne
très précis ). Vous ne pouvez effectuer qu’une seule pesée
afin de déterminer dans quelle pile se cachent les briques plus
légères. Comment ferez-vous ?
Ce problème est de type analogique, c’est-à-dire qu’il
demande de découvrir une solution dont l’idée de base ne
découle pas logiquement des données du problème. Il
faut faire appel à une idée originale, à sa créativité.
À mes fidèles lecteurs qui, au bord du désespoir,
ont menacé de me lancer quelques briques, je suggère de prendre
ces briques dans différentes piles. Question d’équité
!
Vous pourriez commencer par une brique tirée de la première
pile, puis par deux briques tirées de la seconde pile et ainsi de
suite jusqu’à prendre dix briques dans la dixième pile.
Hum, j’ignore s’il me serait possible d’esquiver ces 55 briques
( 1 + 2 + 3 + 4… + 10 = 55 ). Pour me consoler, je pourrais cependant
penser à l’effort qu’il vous faudrait pour lancer ces 55 briques.
Imaginons que chaque brique pèse 2 kilogrammes, c’est 110 kilogrammes
de briques qu’il vous faudrait lancer… ou presque.
En effet, si les briques défectueuses sont situées dans
la première pile, il faudrait enlever 10 grammes à ces 110
kilogrammes. Pas de chance pour vous !
Mais si vous avez vraiment de la chance, les briques défectueuses
seront celles de la dixième pile. Cette fois, c’est 10 x 10 grammes,
donc 100 grammes qu’il faudrait enlever à 110 kilogrammes.
Un conseil, pesez d’abord toutes ces 55 briques avant de les lancer.
Vous trouverez de quelle pile proviennent les briques défectueuses
et vos instincts agressifs risquent de se transformer en un sourire de
satisfaction qui m’évitera de devoir faire des acrobaties pour éviter
des briques que vous ne voudrez plus lancer.
Si vous êtes adepte de la fameuse « méthode de résolution
de problèmes », il est probable que celle-ci ne vous ait pas
été très utile afin de résoudre ce problème.
En fait, il fallait avoir une idée, une idée originale venue
on ne sait d’où. Si la méthode de résolution de problèmes,
que nous enseignons à nos élèves, permet d’analyser
un problème, de comprendre les données de ce problème,
de percevoir ce qui est recherché, elle ne conduit pas automatiquement
à l’idée qui est la source réelle de la solution.
Lors d’une rencontre avec des enseignantes, afin de les aider à
améliorer les résultats de leurs élèves en
résolution de problèmes, une d’entre elles mentionnait qu’elle
avait observé que ses élèves de onze ans réussissaient
au moins aussi bien les problèmes comme le problème des briques
que les problèmes scolaires traditionnels, qui sont pourtant plus
faciles. Elle nous mentionnait aussi qu’elle exigeait l’utilisation
de la méthode de résolution de problèmes pour les
problèmes de type scolaire seulement.
Est-ce possible que les problèmes de type scolaire n’éveillent
pas les mêmes facultés chez nos élèves ? Est-ce
possible que l’utilisation de « la méthode » tende à
rendre automatique quelque chose qui doit d’abord être un geste de
créativité ?
Dans une classe de 25 élèves, il y a 10 filles et 15 garçons.
Combien y a-t-il d’élèves en tout dans cette classe ?
En passant ce problème dans le crible de « la méthode
», plusieurs élèves s’attachent à l’expression
« en tout » et calculent que : 25 + 10 + 15 = 50.
Si un des nombres du problème est écrit en lettres, ce
nombre n’est pas utilisé dans la solution et la réponse devient
40, 35 ou 25 selon le cas.
Un élève qui avait écrit : 25 + 15 – 15 = 25 me
dit : « Ton problème est idiot puisque tu donnes la réponse.
» Je lui demandai pourquoi il avait fait ce calcul et il me
répondit : « C’est un problème de maths, alors, il
faut que je calcule quelque chose! ».
Est-ce possible que tous les problèmes, que nous donnons à
nos élèves, ne leur permettent pas toujours de démontrer
leur génie ? Est-ce possible que « la méthode »
impose le sommeil à leur génie ?
Robert Lyons
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