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MATHADORE
Volume 3 Numéro 98 - 3 novembre 2002
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Quand D3D4 calcule.
En plus des personnages métacognitifs que sont Caboche et Troublefête,
il est essentiel d’ajouter le robot D3D4 qui manifeste deux grandes compétences
: la connaissance des termes et des symboles mathématiques nécessaires
à la communication efficace et l’utilisation rapide et précise
des algorithmes et des instruments mathématiques.
Voici D3D4 :
Cliquez sur l'image pour un agrandissement
imprimable.
Les compétences de D3 D4 nous sont très familières
car elles ont été au centre de notre formation mathématique
où il fallait mémoriser et pratiquer plus que raisonner et
comprendre. Le débat au sujet de la place du calcul dans l’enseignement
est loin d’être terminé et il est probable que la maîtrise
du calcul servira encore longtemps à démontrer la qualité
de cet apprentissage.
Mais que garantit en fait la mémorisation de certains termes
et symboles et la capacité à calculer rapidement ?
Il est intéressant de noter que l’histoire rapporte les exploits
de nombreux calculateurs prodiges. Certains d’entre eux, tels Ampère,
Arago, Georges Bidder, Whateley et Gauss, avaient une intelligence normale
alors que les autres étaient considérés comme des
génies. Mais, il y en a d’autres, plus nombreux encore, qui se sont
faits remarqués par leur incapacité à être scolarisés
tout en étant d’extraordinaires calculateurs.
Voici quelques exemples. Thomas Fuller, un esclave de la Virginie décédé
à l’âge de quatre-vingts ans, réussit à calculer
mentalement en deux minutes qu’il y a 47 340 000 secondes dans une année
et demie. Puis, il calcula en une minute et demie, en tenant compte des
années bissextiles, qu’une personne qui a vécu 70 ans, 17
jours et 12 heures a vécu 2 210 800 800 secondes.
Henri Mondeux, né en France en 1826, ne réussit jamais
à s’instruire. Il manifestait une incroyable mémoire des
nombres et une absence quasi-totale de mémoire pour les noms de
lieux et de personnes ainsi que pour les noms d’objets qui ne retenaient
pas son attention. Une commission d’examen de l’Académie des Sciences,
dont Arago et Cauchy firent partie, étudia ses procédés
de calculs. Ils étaient originaux et avaient été découverts
par Mondeux.
Jacques Inaudi, né en 1867, fut le plus connu des calculateurs
prodiges. Il réussit difficilement à apprendre à lire
et à écrire et sa culture était très peu développée.
Il était pourtant capable de multiplier mentalement des nombres
de cinq chiffres dès l’âge de sept ans et ce, sans connaître
la table de multiplications ! Tout comme Mondeux, il avait une mémoire
prodigieuse et avait inventé lui-même ses processus de calcul.
Et il y a les autistes ! Environ 10 % d’entre eux réalisent des
exploits exceptionnels tel extraire la racine cubique d’un nombre à
cinq chiffres ou deviner les nombres premiers à quatre ou cinq chiffres.
Malheureusement, ces calculateurs prodiges sont habituellement incapables
de résoudre un problème d’application élémentaire
d’arithmétique.
D3D4 se signale donc par une excellente mémoire et par sa capacité
à calculer efficacement, deux compétences compatibles, mais
très distinctes de la capacité à comprendre et de
la capacité à raisonner.
Si les calculateurs prodiges sont habituellement dotés d’une
mémoire exceptionnelle, il est possible de se débrouiller
en calcul avec une mémoire normale. Dans ce but, les compétences
de Caboche et de Troublefête sont essentielles. Caboche permet de
simplifier les calculs (Voir Mathadore 96 ) alors que Troublefête
les valide (Voir Mathadore 97 ).
Et la pratique dans tout cela ? L’hypothèse la plus répandue
au sujet des capacités des calculateurs prodiges est qu’ils «disposent
d’outils mentaux surdéveloppés, résultats d’une sorte
d’obsession. Un surentraînement qui leur « musclerait »
certaines régions du cerveau au détriment d’autres, à
la manière d’un tennisman dont le bras de service est bien plus
fort que l’autre. » ( Sciences et avenir, juin 2001, page 68).
La pratique est donc essentielle et, si elle devient obsessionnelle,
alors les résultats peuvent devenir exceptionnels et ce, peut-être,
au détriment de certaines facultés qui, de nos jours, ne
peuvent pas être remplacées par une petite machine coûtant
quelques dollars.
Une chose demeure certaine, entre Caboche, Troublefête et D3D4,
le premier est de loin le plus humain et le plus apte à faire évoluer
la pensée humaine.
Robert Lyons
NOTES : Les références au sujet des calculateurs prodiges
proviennent de : Robert Tocquet dans Les extra-sensoriels Tchou-Laffont
1976, pp. 23 à 44.
Sur le site www.defimath.ca, en cliquant
sur l’image de D3D4, vous obtenez une image agrandie et imprimable.
La semaine prochaine : Le bulletin de Mathadore.
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