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MATHADORE
Volume 3 Numéro 91 - 15 septembre 2002
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
3 RÉVOLUTIONS
Depuis 40 ans, un peu partout, des
tentatives sont effectuées afin de renouveler l’enseignement. Certes,
et avec raison, l’enseignement des mathématiques a été
visé pendant toutes ces années. Les années soixante
ont vu l’apparition des méthodes dites « actives »,
de l’enseignement de la théorie des ensembles et de la manipulation.
Pendant les années soixante-dix, les mathématiques se sont
éloignées du monde dans lequel les élèves évoluaient.
Il s’agissait alors de former la pensée mathématique quitte
à laisser de côté, pour un temps du moins, l’apprentissage
des tables et des techniques de calcul, la résolution de problèmes
quotidiens et la géométrie.
Sans qu’une évaluation du
développement réel de la pensée mathématique
des élèves n’ait été réalisée,
faute d’outils appropriés, une faiblesse en calcul étant
évidente, le début des années quatre-vingts a marqué
un retour en arrière. « Back to basics » est devenu
le mot d’ordre. Pour les uns, « Back to basics » justifiait
un retour au calcul et aux exercices répétitifs enrobés
de belles histoires qui étaient rarement pertinentes. Pour d’autres,
il s’agissait de revenir à l’essence même des mathématiques
: l’art et la science de résoudre des problèmes.
Dès le milieu des années
quatre-vingts, il nous a semblé que toute évolution durable
de l’enseignement des mathématiques devait reposer sur trois changements
majeurs :
Le premier, et le plus important,
consiste à placer l’élève dans des situations où
il peut construire lui-même ses apprentissages.
Le second consiste à modifier
l’évaluation afin de tenir compte non seulement des connaissances
et techniques acquises, mais du raisonnement et de la compréhension,
voire même des façons d’apprendre.
Le dernier changement vise à
modifier la séquence d’apprentissage habituelle en l’accélérant
afin de permettre à l’élève de voir les liens qui
existent entre les divers contenus mathématiques, mais aussi et
surtout, afin de lui éviter la construction de concepts utilisables
avec succès pendant quelques années mais conduisant à
de cuisants échecs plus tard.
Nous sommes en l’an 2002, le nouveau
programme du Québec favorise une approche socio-constructiviste,
ce qui correspond au premier changement souhaité. Bien qu’aucun
des manuels approuvés actuellement n’utilise une telle approche
où l’élève réinvente les mathématiques,
il faut reconnaître que l’intention du nouveau programme est excellente.
En ce qui concerne l’évaluation,
les compétences disciplinaires mettent en relief la compréhension
( compétence 1 ), le raisonnement ( compétence 2 ), les habiletés
techniques
( compétence 2 ) et la communication
( compétence 3 ). Même si la définition des compétences
doit être raffinée, il y a là aussi un souci de distinguer
certains types et certains processus d’apprentissage.
Par ailleurs, l’accélération
de la séquence et le souci de ne pas enseigner des notions qui éventuellement
s’avèreront nuisibles n’ont pas trouvé place dans ce nouveau
programme.
Bref, les intentions de la réforme
ne sont pas assises sur des outils valables d’enseignement et d’évaluation.
Pourtant, il faut avancer, pour les élèves, mais aussi pour
rendre notre travail plus intéressant.
Pour ces raisons, voici ce que Mathadore
vous propose pour cette année :
1. Nous décrirons des activités
validées en classe qui placent les élèves en situations
telles qu’ils peuvent construire les mathématiques. Ces activités
montreront comment accélérer les apprentissages tout en les
rendant beaucoup plus faciles pour tous.
2. Nous vous initierons à
l’évaluation par seuils, laquelle vous permet de remplir vos bulletins
par compétences, mais permet aussi et surtout de mieux comprendre
comment chaque élève apprend et ce qu’il faut faire pour
l’aider.
Bref, après deux années
d’existence et de brassage d’idées, Mathadore passe aux travaux
pratiques. Vous serez étonné(e) et ravi(e) non seulement
de voir ce que les élèves peuvent apprendre, mais aussi avec
quelle facilité et quelle intelligence ils le font.
Robert Lyons
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