![]() |
![]() |
||
L'hebdomadaire gratuit portant sur l'enseignement des mathématiques Interprétation de phrases mathématiques Récemment, une enseignante du secondaire me signalait que plusieurs élèves interprètent les phrases mathématiques comme des histoires, d’un côté du signe d’égalité on décrit ce qui a été fait et de l’autre ce qui a été obtenu. C’est en effet un problème que l’on remarque et qui fausse le sens de l’égalité. Certains élèves en tirent d’ailleurs la conclusion que 5 + 1 = 6 + 2 = 8 constitue une phrase mathématique correcte en mentionnant : « J’avais 5 items et j’en ajoute 1 donc j’en ai maintenant 6. Ensuite, j’en ajoute encore 2 et j’en obtiens 8. » Cela est évidemment inacceptable. Un autre problème, plus répandu
celui-là se pose lorsque l’élève doit rédiger
une phrase mathématique qui illustre sa solution à un problème.
Prenons le problème :
Certes l’égalité 8 – 3 = 5, sans pommes, est correcte, mais l’égalité 3 + 5 = 8 est aussi acceptable. Ces deux égalités illustrent que la différence entre 3 et 8 est 5. En effet, 3 + 5 = 8 montre bien que 3 n’est pas égal à 8, mais que 3 + 5 l’est. N’accepter que l’égalité 8 – 3 = 5 en guise de solution à ce problème montre bien que nous insistons pour que l’élève interprète l’égalité comme une histoire. C’est une erreur qui enlève beaucoup de souplesse au sens même de l’égalité. Depuis l’avènement de la théorie des ensembles, cette erreur a été encouragée par l’apparition des fameuses machines à fonctions. Ces machines, assez particulières, illustrent effectivement les égalités comme étant la représentation d’histoires. Une égalité est en réalité
un outil qui montre qu’une même quantité peut être notée
de deux façons différentes : 5 = 4 + 1 ; 9 = 32… Toutes les
discussions visant à clarifier si 3 x 4 signifie qu’il faut faire
3 paquets de 4 ( 3 fois 4 ) ou 4 paquets de 3
La meilleure représentation concrète
de l’égalité est la balance à plateaux. En utilisant
cette image mentale, il est possible de comprendre et d’interpréter
toutes les égalités, ce qui ne signifie pas cependant qu’il
soit toujours possible de concrétiser ces égalités
au moyen de masses situées sur les plateaux de la balance. En effet,
l’égalité
Voici comment il serait préférable
d’interpréter les égalités où figure le symbole
« + » ou le symbole « - ». Prenons 3 + 4 = 7, 4
+ 3 = 7, 7 = 4 + 3, 7 = 3 + 4, 7 – 3 = 4,
Ce lien peut être énoncé de différentes façons : 7 est la somme de 3 et de 4 ou 3 est la différence entre 7 et 4… Chacune des huit égalités figurant plus haut peut être interprétée correctement au moyen de ces deux énoncés. Voici d’autres égalités et des énoncés évocateurs : - 4 x 3 = 12 ; 3 x 4 = 12 ; 12 ÷ 3 = 4
; 12 ÷ 4 = 3.
- 6 $ x 2 = 12 $ ; 2 x 6 $ = 12 $ ; 12 $ ÷
2 = 6 $ ; 12 $ ÷ 6 $ = 2 .
- 12 $ x ½ = 6 $ ; ½ x 12 $ = 6
$ ; 6 $ ÷ ½ = 12 $ ; 6 $ ÷ 12 $ = ½ .
Hum, si 6 $ ÷ ½ = 12 $ et 6 $ x 2 = 12 $ peuvent être interprétées de la même façon, il devient plus facile de comprendre pourquoi 6 $ ÷ ½ = 6 $ x 2 . - 6 $ ÷ (-1) = -6 $ ; 6 $ ÷ (-6
$) = -1 ; 6 $ x (-1) = -6 $ ; (-1) x 6 $ = -6 $.
NOTE : L’offre contenue dans Mathadore 122 à l’effet de vous fournir gratuitement un guide inédit sur l'enseignement du nombre et des opérations, quel que soit votre degré d’enseignement, a obtenu un vif succès. Si vous ne vous êtes pas inscrit(e), vous pouvez encore le faire : vol3num122.html Il n’est pas facile de prédire à quelle vitesse peut évoluer l’enseignement, mais si j’en juge par vos réponses à l’offre de Mathadore 122, un pas de géant pourrait être franchi d’ici deux ou trois ans. Si vous enseignez en première ou en deuxième année (Élèves de 6 ou 7 ans) et avez demandé ce nouveau guide, une première partie du guide vous sera expédiée avant le premier juin. Dans cette première partie, vous apprendrez que plusieurs de vos élèves n’ont pas le préalable incontournable à la compréhension du nombre et des opérations. Vous obtiendrez un ensemble d’activités qui permettent aux élèves d’acquérir ce préalable et de vivre leurs premiers succès en mathématiques. À bientôt, Robert Lyons
|
|||