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MATHADORE
Volume 2 numéro 80a - le 6 avril 2002
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Symbolisme
pour la fraction et la division
Plusieurs d'entre vous ont relevé
le défi lancé dans Mathadore 80. Voici l'histoire tourmentée
des symboles utilisés pour désigner les fractions et la division.
-1650 :
Papyrus de Rhind attribué à Ahmès (-1680 à
-1620)
Ce
document nous montre que les Égyptiens de cette époque utilisaient
les fractions. Cependant, sauf pour 2/3 et parfois 3/4, les Égyptiens
ne connaissaient que les fractions unitaires, donc les fractions où
le numérateur est 1. Il leur suffisait donc d'indiquer le dénominateur
et un symbole signifiant que ce nombre était une partie de l'entier.
Dans ce but, ils traçaient une bouche, qui signifiait partie, au-dessus
du nombre qui représentait le dénominateur.
3e
siècle avant J.-C.: Les papyrus Demotic et du Caire
Le trait
horizontal est placé sous le numérateur et aussi sous le
dénominateur pour indiquer une fraction.
628
dans le Brahmagupta, puis en 1150 dans le Bhaskara
Les
Hindous écrivent les fractions en plaçant le numérateur
au-dessus du dénominateur. Ils ne sont toutefois pas séparés
par un trait horizontal.
1140
Rabbi Ben Ezra (Arabe)
Adoption
par cet Arabe de la notation hindou.
Vers
l'an 1200 Al-Hassar (Arabe)
Première
notation de la fraction telle que nous la connaissons actuellement.
13e siècle : Leonardo Fibonacci (1175-1250)
Fibonacci
semble avoir été le premier Européen à utiliser
la notation actuelle pour les fractions. Il appelait «virga»
ce trait vertical. Le terme «vinculum» a aussi été
utilisé par plusieurs auteurs, mais il illustrait plutôt l'idée
de groupement. Le vinculum est probablement le descendant direct de la
bouche dessinée par les Égyptiens pour désigner les
fractions. Il a aussi utilisé par les Romains pour désigner
des groupements de 1000 ainsi le nombre 10 000 était noté
par la lettre X surmontée d'un trait horizontal.
14e siècle : Nicole Oresme (1325-1382)
Oresme
semble avoir été le premier Français à utiliser
le trait horizontal pour représenter les fractions.
1440 : Gutemberg invente la version européenne de l'imprimerie.
La
difficulté à noter des fractions au moyen de trois caractères
posés verticalement va pousser à l'invention de nouvelles
façons de noter les fractions et les divisions.
1526 : Rudolff dans Kunstliche rechnung
Comme ses prédécesseurs,
Rudolff omet lui aussi le trait horizontal lorsque les fractions sont notées
avec les caractères réguliers d'imprimerie. Toutefois, il
utilise le trait horizontal lorsque plusieurs chiffres représentent
le numérateur ou le dénominateur. Il utilise aussi le trait
horizontal si les fractions sont notées en gros caractères.
Il est clair que, pour les imprimeurs, noter des fractions constituait
un casse-tête.
1633 : Johnson Arithmetik
Johnson utilise les deux points « : » pour représenter
les fractions mais pour la division. La fraction ¾ est notée
3:4.
1659
: Teutsche Algebra par Johann Rahn (1622-1676)
Première
apparition du symbole actuel de division. Certains auteurs croient cependant
que John Pell, éditeur de la version anglaise du volume de Rahn,
a pu proposer ce symbole à Rahn.
1684 : Acta eruditorum par Leibniz
(1646-1716)
Leibniz
utilise les deux points «
: » à la fois pour
exprimer un rapport et une division.
1718 : Thomas Twining' Ledger
Première apparition connue du trait oblique pour représenter
une fraction. Exemple : ¾.
Pour
en savoir plus, voici un lien intéressant:
http://members.aol.com/jeff570/mathsym.html
J'adresse toutes mes félicitations à
Chantal Claveau, Gilles Laverdure, Isabelle Boutet et Julie Bourbonnais
qui ont relevé le défi lancé dans Mathadore 80.
Robert Lyons
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