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MATHADORE
Volume 2 Numéro 76 - 3 mars 2002
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Liquéfaction.
Quelle ressemblance y a-t-il entre un liquide et un étudiant
en mathématiques ? Les deux prennent la forme du contenant où
ils sont placés !
Dans une classe de 25 élèves, il y a 10 filles et 15 garçons.
Combien d’élèves y a-t-il en tout dans cette classe ?
En guise de solution à ce problème, voici ce qu’un élève
écrit : 25 + 10 – 10 = 25. Questionné à ce sujet,
celui-ci répondit qu’il savait au départ que la réponse
était 25 et qu’il avait écrit l’égalité précédente
parce qu’il devait calculer quelque chose.
Voici un autre problème : Un escargot avance en ligne droite
de 3 mètres, puis il tourne de 90? vers la droite et avance de 4
mètres. À quelle distance se trouve-t-il de son point de
départ ?
Ce problème a été posé à des élèves
de 8 ans. Un enseignant de mathématiques, travaillant avec des élèves
de 14 ans, s’en est offusqué. Comment en effet demander à
des élèves de 8 ans de résoudre un problème
impliquant la relation de Pythagore alors que celle-ci n’est enseignée
qu’aux élèves de 14 ans ?
En fait, aucun élève de 8 ans n’utilise la relation de
Pythagore au moment de résoudre un tel problème. Il lui suffit
d’une règle et d’un crayon, il trace la trajectoire à l’échelle
et mesure la distance entre les extrémités de cette trajectoire
!
Certes, pour un enseignant spécialiste en mathématiques,
qui enseigne la relation de Pythagore, et non la mesure de longueur, il
semble tentant de se transformer en liquide et de prendre la forme du contenant
!
J’ignore si vous avez lu l’anecdote intitulée « Des anges
sur une aiguille.». On y raconte l’histoire d’un élève
universitaire à qui, dans un examen, on demandait de mesurer la
hauteur d’un édifice au moyen d’un baromètre. La solution
acceptée exigeait l’utilisation du baromètre afin d’évaluer
la différence entre la pression atmosphérique au sol et celle
sur le toit de l’édifice. Je vous défie de réussir
à trouver la différence de pression atmosphérique
entre deux points aussi rapprochés avec un baromètre ordinaire.
Un étudiant « vertébré » a répondu
qu’il monterait sur le toit, laisserait tomber le baromètre, calculerait
le temps de chute et, grâce à la formule e = 0,5 gt2, trouverait
la hauteur de l’édifice. Ce procédé est beaucoup
plus précis, mais l’étudiant se trompe de trimestre; cette
formule devait être utilisée au trimestre précédent
au moment où la chute des corps était étudiée.
Le comportement attendu lors du trimestre en cours était de penser
en fonction de la pression atmosphérique. Liquéfaction cervicale
oblige ! Il a obtenu zéro.
Il me semble que l’acquisition de connaissances et d’habiletés
d’exécution en mathématiques comme en sciences doit s’accompagner
de la compréhension de leur pertinence à un moment donné.
Dans le cas contraire, il ne faut pas parler de compréhension, encore
moins de compétence, mais simplement de conditionnement et de réflexes.
Robert Lyons
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