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MATHADORE
Volume 2 Numéro 73 - 10 février 2002
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Algorithmes de division de fractions
Il y a quelques années, un enseignant de
septième année ( élèves de 13 ans ) m’a invité
dans sa classe, en Ontario, afin d’enseigner à ses élèves
la division de fractions. Ces élèves savaient déjà
additionner, soustraire et multiplier diverses fractions, mais n’avaient
pas encore abordé la division de fractions. Étant donné
leur âge et leurs connaissances, j’ai décidé d’y aller
strictement avec des symboles. Sans aucune explication, je leur ai donc
demandé de calculer :
Avec facilité et rapidement, plusieurs
élèves ont trouvé 4/7 , la bonne réponse.
Pour le faire, ils avaient divisé 8 par 2 et 21 par 3. Cette technique
rendit leur enseignant passablement nerveux. Il pensait certainement aux
divisions qui ne pourraient être résolues de cette façon.
Y en a-t-il ? Une chose est certaine, c’est la division précédente
que les élèves étaient invités à résoudre
et ils l’ont fait. Pourquoi ne seraient-ils pas capables de s’en tirer
lorsque la situation est différente ? Confiance !
En passant, si peu d’adultes effectuent cette
division comme ces élèves, il y a moyen de les obliger à
le faire. Il suffit simplement de leur soumettre :
C’est exactement le même problème,
mais posé de telle sorte qu’il déclenche d’autres réflexes.
Et on prétend que les maths forment la pensée !
Revenons aux élèves de cette classe.
Le second problème que je leur demandai de résoudre était
:
Les signes de tête de l’enseignant démontraient
alors sa vive approbation. Constatant la difficulté, certains élèves
ont proposé de placer les deux fractions sur un même dénominateur,
ce qui fut fait :
Comme 10 ÷ 9 pose un problème,
je leur proposai d’écrire 10/9. Par ailleurs, comme 15 ÷
15 = 1, il suffisait donc de diviser 10/9 par 1 d’où la réponse
10/9. Et puisqu’il est toujours possible de placer deux fractions sur un
même dénominateur, cette technique fonctionne toujours ! Mieux
encore, les élèves ayant déjà additionné
et soustrait des fractions diverses savent comment placer deux fractions
sur un même dénominateur. Alors…
Certains élèves tenaient cependant
à la première technique. Ils ont proposé de trouver
une fraction équivalente à 2/3 de sorte que le numérateur
soit un multiple de 3 et que le dénominateur soit un multiple de
5. Ils ont trouvé 30/45 et ont ensuite effectué :
.
Pas mal !
Bon, comme aucun élève ne m’avait
proposé la technique habituelle, celle où
devient
, je l’ai fait en leur mentionnant simplement que cette technique fonctionnait
toujours elle aussi.
La réaction des élèves a
été fort instructive. Ils m’ont dit « Si tu veux que
l’on multiplie deux fractions, pourquoi est-ce que tu ne l’écris
pas tout de suite ? »
Combien de fois, dans un enseignement du genre
« Fais ceci, tu comprendras plus tard », demandons-nous aux
élèves d’agir d’une façon dont la pertinence leur
échappe ? Par exemple, lorsque nous leur demandons de faire des
paquets de dix pour dénombrer une quantité de 15 ou 24 jetons.
Personne, enfant ou adulte, ne sent le besoin de faire de paquets pour
dénombrer une si petite quantité d’objets. Par contre, pour
40 objets ou plus, il faut mettre de l’ordre pour éviter les erreurs
ou pour permettre une vérification rapide, le groupement devient
pertinent.
Et lorsque, durant plusieurs semaines, nous demandons
aux élèves d’effectuer de droite à gauche des additions
ou des soustractions pour lesquelles aucune retenue ou aucun emprunt ne
sont nécessaires, que pensent ces élèves qui constatent
qu’en calculant de gauche à droite ils trouvent les mêmes
réponses ? Est-ce possible qu’ils en tirent la conclusion qu’en
maths, il ne faut pas trop tenter de comprendre qu’il suffit d’être
docile ? Mais surtout, qu’il ne faut pas se fier à ce que nous pensons
même si cela semble valable…
Robert Lyons
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