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MATHADORE
Volume 2 Numéro 72 - 3 février 2002
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Processus personnels de calcul
Le nouveau programme du Québec s’oriente vers un apprentissage
constructiviste, c’est-à-dire un apprentissage où l’élève
construit lui-même ses compétences à partir d’un bon
problème.
Le passage d’un programme traditionnel à un programme favorisant
l’approche constructiviste n’est pas évident. D’abord, il faut voir
la résolution de problèmes différemment, ce n’est
plus une application de l’apprentissage, ce n’est pas non plus une thématique
enrobant des leçons traditionnelles, mais bien le moyen incontournable
par lequel l’enfant apprend.
Cette vision nouvelle de la résolution de problèmes exige
un remaniement de la séquence des apprentissages, remaniement qui
s’inspire fortement de l’ordre historique des découvertes en mathématiques.
Une autre caractéristique d’un enseignement axé sur le
constructivisme est la confiance que l’on accorde aux capacités
de l’élève de réinventer les mathématiques
par lui-même. Ceci implique que nous lui soumettons les bons problèmes,
qu’il dispose du matériel approprié, que nous lui accordons
le temps essentiel à sa réflexion et, enfin, qu’en tant qu’enseignant,
notre travail consiste davantage à tenter de comprendre comment
l’élève pense qu’à vouloir lui faire comprendre ce
que nous pensons.
La manifestation la plus évidente d’une orientation constructiviste
du nouveau programme du Québec est l’inclusion des processus personnels
de calcul des élèves. Le programme accorde une grande importance
à ces processus personnels puisque les élèves mettent
un cycle de deux ans à les développer avant d’aborder les
processus dits conventionnels.
Lorsque nous regardons le contenu de ce nouveau programme, cette importance
accordée aux processus personnels de calcul constitue sa plus grande
amélioration par rapport aux programmes précédents.
Depuis plus de vingt-cinq années, nous avons été
témoin de l’invention par les élèves de tels processus.
De telles inventions ne sont pas exceptionnelles et proviennent habituellement
d’élèves normaux. Mieux encore, il est souvent plus facile
pour un élève d’inventer une technique de calcul valable
que d’apprendre à maîtriser celle que nous lui imposons.
Reste à savoir comment des enseignants et des auteurs de matériel
d’enseignement, qui n’ont habituellement aucune connaissance de ces processus
personnels, réussiront à exploiter cette belle idée.
Il ne faudrait pas réduire la découverte de processus
personnels par les élèves à une présentation
différente ou à une justification des processus traditionnels
de calcul. En effet, lorsqu’ils inventent leurs propres techniques, les
élèves calculent vraiment différemment. Ainsi, en
addition et en soustraction, le processus le plus naturel consiste à
opérer de gauche à droite et non l’inverse tel que le font
la majorité des algorithmes traditionnels. Et s’il y a des retenues
ou des emprunts ? Ce n’est pas un problème difficile à régler
et les élèves le font avec génie.
Peu d’ajustements ont été faits dans le nouveau programme
afin de faciliter un enseignement de type constructiviste. L'ajout des
processus personnels de calculs constitue cependant un grand pas en ce
sens. Bravo !
La semaine prochaine, je vous raconterai une expérience vécue
où des élèves ont inventé deux algorithmes
distincts de division.
Robert Lyons
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