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MATHADORE
Volume 2 Numéro 61 - 4 novembre 2001
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
L’algorithme de multiplication
Contrairement à une idée répandue, la multiplication
n’a pas été inventée pour additionner plus rapidement.
Si tel était le cas, nous nous retrouverions vite avec une infinité
d’exceptions. En fait la multiplication est apparue pour décrire
des rectangles. Ainsi le terme « facteur » qui signifie «
celui qui fait » désigne les côtés du rectangle
et, en même temps, des nombres qui sont dits « facteurs »
d’un produit donné.
La multiplication vue comme une représentation de rectangles
nous aide à comprendre l’algorithme de multiplication.
26
26
x 34
x 34
24
104
80
780
180
884
600
884
Le produit 26 x 34 est trouvé en effectuant quatre multiplications
lesquelles désignent respectivement quatre régions du rectangle
mesurant 26 par 34.
Avec des nombres à virgule nous obtenons :
2,6
2,6
x 3,4
x 3,4
0,24
1,04
0,80
7,80
1,80
8,84
6,00
8,84
Il y a un lien de parenté assez évident ! Essayons maintenant
avec les expressions algébriques.
2x + 6y
x 3x + 4y
24y2
8xy
18xy
6x2
.
6x2 +26xy +24y2
Ce qui ressemble beaucoup à 6 centaines + 26 dizaines + 24 unités
ou 884.
Et avec les négatifs ? Illustrons 14 x 26 sous la forme
( 20 – 6 ) ( 30 – 4 ).
20 - 6
x 30 - 4
+ 24
- 80
-180
+600
364
Parions que 14 x 26 = 364 !
Et les fractions ? Essayons avec
En fait, il y a un rectangle mesurant 3 x 2 = 6 qui est superposé
à un autre rectangle mesurant 4 x 5 = 20.
Puisque, grâce au rectangle, il est facile de comprendre au moins
un algorithme pour tous les types de nombres, pourquoi ne pas associer
fortement la multiplication ( ainsi que la division, la factorisation et
même l’extraction de la racine carrée ) au rectangle et ce,
tout au long de la scolarité ? Cette association ne comporte pas
les exceptions auxquelles on se heurte en définissant la multiplication
comme une addition répétée.
Si vous observez les quatre premières illustrations, vous constaterez
qu’elles sont identiques, seuls les symboles qui les désignent sont
modifiés. Actuellement, nous enseignons d’abord la multiplication
sur un type de nombres, pour passer ensuite à un autre type et ainsi
de suite. Chaque fois, les élèves ont l’impression qu’ils
apprennent une nouvelle façon de multiplier, un nouveau sens de
la multiplication. À ce sujet, les programmes n’aident pas car,
effectivement, on y retrouve habituellement le développement du
sens de la multiplication dès le début pour les nombres naturels.
Le même sujet apparaît pour les fractions, pour les décimales…
S’agit-il du même sens ou de sens différents ? Si c’est le
même, pourquoi le ramener sans cesse comme visée de l’apprentissage
?
Est-ce possible qu’actuellement nous apprenions aux élèves
à combiner divers symboles servant à effectuer des multiplications
diverses sans qu’ils sachent ce que ces divers algorithmes symbolisent
et sans constater qu’il s’agit toujours du même algorithme ?
Savent-ils que les rectangles aiment courir l’Halloween et que leurs
déguisements passent des naturels aux rationnels aux relatifs et
à l’algèbre ? Est-ce possible que nous leur fournissions
seulement les costumes et qu’ils doivent deviner ce qui se cachent derrière
?
Joyeux Halloween !
Robert Lyons
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