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MATHADORE
Volume 1 Numéro 49 - 6 mai 2001
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Un
phénomène bizarre et répandu
Récemment, à la fin d’une conférence sur l'enseignement
des mathématiques, une étudiante qui devait avoir environ
vingt ans vint me rencontrer. Elle avait l’impression de travailler plus
fort que la majorité des autres étudiants tout en ayant des
résultats moindres. Il s’agit du cas typique d’un problème
qui affecterait environ vingt pour-cent de la population.
Voici d’ailleurs quelques-unes des manifestations qui peuvent être
observées chez les personnes, enfants ou adultes, qui souffriraient
de ce problème de santé :
- désordre de l’équilibre et de la coordination
;
- incapacité de se concentrer ;
- changements subits de l’état émotif ;
- hyperactivité ;
- instabilité mnémonique ;
- sentiments ou sensations d’infériorité, de maladresse
ou de laideur ;
- inversion de lettres ( b, d ), de chiffres ( 6 et 9 ou 16 et
61 ) ;
- irrégularités dans l’écriture ;
- difficultés d’élocution.
Il y a une dizaine d’années, j’ai lu le livre d’Harold N. Levinson
intitulé Votre enfant et ses troubles d’apprentissages
( Les Éditions Québécor, Montréal, 1985 – édition
malheureusement épuisée ). Les manifestations qui précèdent
sont extraites de ce volume. Depuis ce temps, j’ai eu l’occasion d’observer
ce phénomène à de nombreuses reprises.
En peu de mots, il s’agit d’un problème physique qui résulte
d'un trouble de l’oreille interne. Il semble que le liquide contenu dans
l’oreille interne puisse se brouiller et que ce liquide agirait tel un
filtre sur nos perceptions. Plus le liquide se brouille, plus les difficultés
se manifestent. Ce brouillage peut varier continuellement de sorte que
les difficultés sont intermittentes.
Il faut cependant comprendre que les difficultés énumérées
plus haut peuvent avoir d’autres causes et qu’un individu qui a des problèmes
d’oreille interne peut n’éprouver qu’une seule difficulté,
toujours la même, comme il peut en avoir deux, cinq ou même
une quinzaine.
Le problème commun, qui peut servir de diagnostic, relativement
à cette difficulté, qui touche environ vingt pour-cent de
la population et qui est généralement héréditaire,
est le mal des transports.
Je ne suis pas médecin et, malheureusement, je n’ai jamais rencontré
de médecin qui se soit intéressé à ce phénomène
et pourtant, dans chacune de nos classes quatre à six élèves
en seraient victimes. Que faire ? Certains médicaments semblent
soulager quelques-uns des symptômes, tel le Ritalin, les Gravols
ou des sirops décongestionnants. Mais cet aspect relève de
la médecine…
Il semble aussi que des massages de l’oreille moyenne, de légers
mouvements de la tête de gauche à droite ou même mâcher
de la gomme soulagent certains malaises. Ces actions activeraient le mouvement
des osselets de l’oreille moyenne et contribueraient à débrouiller
le liquide de l’oreille interne. Mais, je ne suis pas médecin…
En tant qu’enseignant, que pouvons-nous faire ? D’abord, il faut tenter
d’identifier les élèves qui ont le mal des transports. Demandez-leur
s’ils sont malades en automobile lorsqu’ils sont assis sur la banquette
arrière. Demandez-leur s’ils dorment fréquemment en automobile.
Le défilement du paysage entraîne le mal de cœur et, pour
se défendre, les enfants apprennent très jeunes à
fermer les yeux et… s’endorment.
La maladie des transports peut être la seule manifestation de
problèmes de fonctionnement de l’oreille interne et des difficultés
d’apprentissage n’en résultent pas automatiquement. Par contre,
si des difficultés d'apprentissage se manifestent, vous pouvez suggérer
à l’élève de tourner lentement la tête de gauche
à droite à quelques reprises ou… de mâcher de la gomme.
Parfois ce qui précède peut aider.
Il y a un autre moyen, et celui-ci aide toujours : faites preuve de
patience et de compréhension. Les personnes, enfants ou adultes,
ayant des problèmes de l’oreille interne ont souvent de grandes
capacités à énerver leur entourage soit parce qu’elles
apprennent difficilement malgré leurs efforts et notre aide, soit
à cause de leur hyperactivité, de leur gaucherie ou de leur
manque de contrôle émotif.
Robert Lyons
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