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MATHADORE
Volume 1 Numéro 43 - 25 mars 2001
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L'hebdomadaire gratuit portant
sur l'enseignement des mathématiques
Nombres
pairs, premiers, carrés…
Il est fréquent d’entendre des définitions
de nombres qui décrivent certaines propriétés de ces
nombres ou encore des trucs permettant de les découvrir. Cela est
risqué ! Voyons pourquoi.
Les nombres pairs sont-ils des nombres qui se
terminent par 0, 2, 4, 6 ou 8 ? Certes, 34 est un nombre pair, mais qu’en
est-il de 2,4 ou de 3,0 ou de –4 ? Et si
les nombres sont écrits en lettres, peuvent-ils être pairs
tout de même : XVI ou encore seize ou cent ?
Un nombre premier est-il un nombre qui ne se divise
que par 1 et par lui-même ? Est-ce vrai pour -5 ? Vu que 3
= 2 x 1,5 et 3 = 3 x 1 le nombre 3 est-il
premier ? Et pourquoi le nombre 1 n’est-il pas premier ? Par ailleurs,
quels sont les nombres carrés ?
En fait, les nombres ont des propriétés
qui n’ont que peu à voir avec les symboles qui les représentent.
Ces propriétés ont été reconnues il y a quelques
milliers d’années en observant diverses quantités d’objets.
Un certain ensemble d’objets est-il tel que tous
ses éléments peuvent être regroupés deux par
deux ? Dans ce cas, il contient un nombre pair d’éléments.
Dans le cas contraire, son nombre d’éléments est impair.
Avec un certain nombre de tuiles carrées
identiques, pouvons-nous recouvrir entièrement et exactement une
surface carrée ? Si tel est le cas, nous avons utilisé 1,
4, 9, 16, 25, 36… tuiles. Ces nombres sont dits carrés.
Avec les mêmes tuiles, est-il possible de
ne faire qu’un seul dallage rectangulaire
( incluant le carré ) ? Dans ce cas, nous
avons un nombre premier de tuiles : 2, 3, 5, 7, 11… Oui, mais avec une
tuile ? En fait, le nombre un n’est pas premier. Ceci à cause de
considérations qui furent d’abord religieuses et ensuite pour des
raisons mathématiques.
Lorsque les mathématiciens Grecs ont attribué
des propriétés aux nombres, le nombre un était perçu
comme divin. C’était celui qui engendrait tous les autres nombres
connus. C’était une représentation de Dieu. Or, on n’attribuait
aucune qualité à Dieu puisqu’il est parfait et possède
donc toutes les qualités. Pour cette raison, le nombre un était
exclus des classifications des nombres.
De nos jours, c’est à cause de la décomposition
de nombres en un produit unique de facteurs premiers que le nombre un doit
être exclus des nombres premiers. En effet, un nombre tel 28 est
égal à 2 x 2 x 7. Il n’est pas possible de décomposer
28 en un produit différent de facteurs premiers, sauf si le nombre
un est un nombre premier, donc un facteur premier :
Nous avons alors 28 = 1 x 2 x 2 x 7
et aussi 28 = 1 x 1 x 2 x 2 x 7
etc.
Les propriétés des nombres entiers
rappellent des dispositions concrètes et géométriques
de quantités d’objets. Il est artificiel de les associer aux symboles
qui représentent les nombres, même si, parfois, certaines
correspondances peuvent être observées.
Robert Lyons
La semaine prochaine : Pilleur
de tombe
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