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MATHADORE
Volume 1 Numéro 39 - 18 février 2001
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L'hebdomadaire gratuit
portant sur l'enseignement des mathématiques
Contrer l’échec en mathématiques
La semaine dernière,
je rencontrais un peu plus d’une centaine d’étudiants d’environ
seize ou dix-sept ans qui terminent leur cours secondaire. Parmi eux, environ
les deux tiers croyaient que leurs notes reflétaient moins que ce
que leurs efforts méritaient. Environ vingt-cinq pour-cent de ces
étudiants pensaient l’inverse.
Par ailleurs, environ
deux tiers de ces étudiants pensaient avoir peu ou pas de talent
pour les mathématiques et quinze pour-cent se croyaient doués.
J’ai fait un pari avec ces étudiants : leur faire comprendre en
une heure qu’ils étaient tous doués en mathématiques.
Ils étaient sceptiques, mais en même temps fort intéressés
à ce que je gagne mon pari. Et j’ai gagné !
En fait, ces étudiants
ressemblent à la grande majorité des élèves
de leur âge. Donnez-leur un problème concret, un problème
associé à une situation qui a du sens pour eux et ils le
solutionnent assez facilement. Le problème peut être tiré
de leur quotidien ou être illustré par un dessin, un schéma
ou encore être présenté avec un matériel de
manipulation.
Rares sont les élèves
de seize ans qui ne comprennent pas qu’une double négation correspond
à une affirmation. Rares sont ceux qui ne savent pas jouer au Combat
Naval. Rares sont ceux qui ne peuvent pas daller une surface rectangulaire
avec des tuiles rectangulaires diverses. Rares sont ceux qui ne savent
pas que un tiers est la moitié de deux tiers.
Par ailleurs, un nombre
beaucoup plus restreint d’entre eux connaît bien la loi des signes
en multiplication sur les entiers relatifs, certains d’entre eux éprouvent
de la difficulté avec les coordonnées cartésiennes,
plusieurs ne savent pas comment extraire une racine carrée ou factoriser
un trinôme et enfin, rares sont ceux qui peuvent illustrer
par un dessin que (1/3) / (1/2) = (2/3).
Et pourtant, tout ce
qui vient d’être décrit dans le paragraphe précédent
correspond point pour point aux problèmes du paragraphe qui le précède.
Ce n’est pas travailler
à partir de situations concrètes qui présente de vraies
difficultés. Souvent, même le travail strictement symbolique
est fait correctement. La vraie difficulté consiste à associer
les mathématiques symboliques aux mathématiques concrètes.
Revenons à ces
étudiants dont il a été question plus haut. Je leur
ai demandé de daller un carré avec quatre plaques carrées
d’un décimètre de côté, avec quatre bandes d’un
décimètre de long sur un centimètre de large et avec
un carré d’un centimètre de côté. Tous ont trouvé
ce problème facile et étaient d’accord pour affirmer que
les enfants de sept ans pouvaient le réussir.
J’ai ensuite demandé
d’extraire la racine carrée du trinôme 4x² + 4xy + y²
. Environ deux tiers des élèves ont poussé un grand
soupir et il était évident qu’ils trouvaient ce problème
difficile. Sur environ cent vingt étudiants, un seul a haussé
les épaules en disant « C’est la même chose que tantôt
! » Un sur cent vingt !
Lorsque les autres
ont compris qu’il s’agissait du même problème, le premier
présenté concrètement, l’autre symboliquement, ils
sont tombés des nues. L’élève qui le savait
était certes fort avantagé, mais était-il plus doué
? Entre cet élève et un autre qui n’avait pas établi
ce lien, n’est-il pas facile de croire que le premier travaille beaucoup
moins que le second tout en obtenant de bien meilleures notes ?
Entre les élèves
qui obtiennent d’excellentes notes et ceux qui s’en tirent difficilement
en mathématiques, la différence est rarement l’effort ou
même le talent. Certains savent ce qui se cachent sous les symboles
mathématiques alors que d’autres l’ignorent.
Comment expliquer autrement
que tous les élèves de treize ans réussissent à
compléter correctement 3 + ___ = 5 alors que plusieurs d’entre eux
ne savent pas résoudre
3 + x = 5 ?
Robert Lyons
La semaine prochaine
: Devenez archéologue : des chiffres à
... déchiffrer.
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