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L'hebdomadaire gratuit portant sur l'enseignement des mathématiques La confiance Lorsque nous apprenons, notre
cerveau traverse des phases différentes. D'abord, il
active une quantité énorme de neurones afin de
comprendre le problème qu'il a à
résoudre et afin d'imaginer les grandes lignes d'une
solution. Ensuite, il réduit son activité afin
de structurer et de valider cette solution. Enfin, si le
besoin existe, il passe à une étape visant
l'efficacité. Durant cette dernière phase, par
la pratique répétitive, il acquiert le
vocabulaire et les habiletés techniques
nécessaires afin de solutionner rapidement des
problèmes semblables. À ce moment, le cerveau
devient beaucoup moins actif. Qu'arrive-t-il si cette progression
normale du fonctionnement du cerveau n'est pas
favorisée par l'enseignement ? Plusieurs adultes
mentionnent qu'ils ont réussi en mathématiques
à force de mémorisation et de pratique, ce qui
caractérise la dernière phase du processus
d'apprentissage. Souvent ces gens ne comprennent pas leurs
mathématiques, c'est-à-dire qu'ils ne savent
pas à quoi elles servent. Ainsi, bien qu'ils savent
qu'un « moins » multiplié par un «
moins » égale un « plus », ils ne
peuvent trouver d'exemples concrets illustrant cette loi. Et
pourtant ! Ces exemples sont très nombreux et
quotidiens... Nous y reviendrons. D'autre part, lorsque la seconde
phase du processus est omise, il est difficile de
démontrer une technique. Ainsi, nous savons comment
diviser une fraction par une autre fraction, mais pourquoi
faut-il inverser la seconde fraction avant de multiplier
? L'effritement de la confiance en
soi, du moins en mathématiques, constitue une
conséquence difficile à contourner de
l'omission de cette seconde phase du processus
d'apprentissage. Réalisez l'expérience
suivante : Donnez quelques problèmes à vos
élèves et demandez-leur d'écrire les
réponses avec un crayon de plomb. Circulez
près d'eux et pointez au hasard une réponse
sur la feuille d'un élève. Il y a de fortes
chances que celui-ci l'efface ou rougisse en disant qu'il
voulait écrire autre chose ou qu'il s'est
trompé. Ces comportements sont courants
lorsque l'élève n'a pas la possibilité
de construire lui-même ses apprentissages,
c'est-à-dire lorsque nous le plaçons
directement ou trop rapidement en phase de pratique et de
mémorisation. Dans ce cas, l'élève
développe la confiance envers ses enseignants, mais
non envers lui-même. Afin d'inciter
l'élève à valider ses solutions, il
faut certes enseigner différemment (voir Mathadore no
9), ce qui exige des outils de travail différents et
aussi une mentalité différente. Malgré cela, vous pouvez
inciter vos élèves à
réfléchir davantage. Essayez ce qui suit.
Comme précédemment, pointez une réponse
d'un élève, mais en choisissant cette fois une
bonne réponse. S'il l'efface, n'hésitez pas
à l'aider afin que tout disparaisse. Demandez-lui
s'il se rappelle de la réponse. Il risque de dire que
non, ce qui lui évite de vous expliquer une
réponse qu'il croit fausse. Répondez-lui alors
que c'est bien dommage car la réponse était
bonne ! ! ! Il vous demandera pourquoi vous lui avez
demandé de l'effacer. Rappelez-lui qu'il n'en est
rien, que vous avez vu sa bonne réponse, que vous
vouliez lui demander comment il l'avait trouvée, mais
qu'il l'a effacée avant que vous ayez cette chance.
Et puisque vous êtes là pour l'aider, vous
l'avez aidé à... effacer. Parions que l'élève
ne s'y laissera pas prendre deux fois. Parions qu'il tentera
de se justifier la prochaine fois... Robert Lyons La semaine prochaine : L'histoire
des mathématiques nous apprend pourquoi et comment
les mathématiques ont été
inventées. Il est relativement facile alors de
comprendre dans quel ordre les concepts mathématiques
doivent être appris. De plus, la mise au point de
scénarios permettant aux élèves de
réinventer les mathématiques s'en trouve
facilitée. À compter de la semaine prochaine,
et ce à toutes les deux semaines, Mathadore vous
présentera des pages de l'histoire des
mathématiques. Pour recevoir
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