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MATHADORE
Volume 1 Numéro 6 - 20 mars 2000
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L'hebdomadaire gratuit portant sur l'enseignement des mathématiques
Les termes manquants
Parmi
les difficultés les plus répandues que
manifestent les élèves de six ou de sept ans,
on remarque toutes celles qui accompagnent l'apprentissage
des termes manquants. Ces difficultés ne sont
pourtant pas liées à un concept
mathématique difficile et ne peuvent être
associées à une difficulté de
développement des élèves.
En général les manuels scolaires
étendent les apprentissages des
égalités élémentaires sur deux
ans. On y respecte l'ordre qui suit, en s'assurant autant
que possible que les égalités d'une
série soient réussies avant de passer à
la série suivante.
a) type a + b = x, exemple : 3 + 4 = ___
b) type a - b = x, exemple : 6 - 2 = ___
c) types a + x = b et x + a = b, exemples 3 + ___ = 5 et ___
+ 2 = 6
d) type a - x = b, exemple : 5 - ___ = 3
e) type x - a = b, exemple ___ - 3 = 4 et ___ - 4 = 3
Et voici, sous la forme d'un dialogue, les théories
que des élèves élaborent pour
résoudre ces problèmes. Notons au
départ que la première difficulté
surgit avec les égalités du type (b), des
élèves notant 6 - 2 = 8. Il suffit de leur
faire remarquer que le signe d'opération indique une
soustraction pour que la difficulté s'estompe
rapidement. Par la suite, ce sera plus difficile.
Erreurs : 3 + ___ = 5 donne 3 + 8 = 5 et ___ + 2 = 6 donne 8
+ 2 = 6
Prof. : Comment fais-tu pour trouver ces réponses
?
Élève : Il faut observer le signe: un +, on
additionne et on met la réponse sur la ligne et un -,
on soustrait et on met la réponse sur la ligne.
Remarque : Cette loi a permis aux élèves de
résoudre les égalités de types (a) et
(b) et ces succès les conduisent à l'erreur
exposée ci-haut lorsqu'ils abordent les
égalités de type c en croyant que leur loi
s'applique encore.
Lorsque les égalités de type (c) sont
réussies, grâce à une nouvelle loi
inventée par plusieurs élèves, on
remarque souvent l'erreur suivante dès qu'on aborde
les égalités de type (d).
Erreurs : 5 - ___ = 3 donne 5 - 8 = 3
Prof. : Comment fais-tu pour trouver cette réponse
?
Élève : Avant, je regardais le signe, un +
voulait dire d'additionner ( type a ) et un - demandait de
soustraire ( type b ). Mais depuis quelques temps, les +
veulent dire soustraire ( type (c) où pour
résoudre 3 + ___ = 5, l'élève fait 5 -
3 = 2 ) alors, maintenant, peut-être que les - sont
des + déguisés !
Pour un élève de six ou de sept ans, il y a
des raisons d'être légèrement confus.
Après quelques mois de pratique, il croyait
probablement avoir enfin compris ce qui se cachait
derrière les signes + et -. Mais voilà que les
égalités de type c vont l'ébranler et,
malgré les succès qu'il finira par obtenir
avec ces égalités, un doute demeurera et se
manifestera lors de l'apprentissage des
égalités de type d.
Mais, une fois de plus, il finira par résoudre ces
nouveaux problèmes. Il le fera en élaborant
une nouvelle loi qui lui permet de résoudre tous les
cas déjà vus. Il est remarquable que des
élèves réussissent une telle
élaboration seuls et habituellement à l'insu
des adultes qui leur enseignent. Il est aussi remarquable de
constater que la nouvelle loi englobe tous les cas
déjà appris et permet de remplacer les lois
précédentes trop particulières.
Malheureusement, cette nouvelle loi va conduire à de
nouvelles difficultés au moment d'aborder les
égalités de type e.
Erreurs : ___ - 3 = 4 donne 1 - 3 = 4 et ___ - 4 = 3 donne 1
- 4 = 3
Prof. : Comment fais-tu pour trouver ces réponses
?
Élève : Eh bien, il faut observer où va
la réponse. Si elle est à la droite du signe
d'égalité, on fait ce que le signe demande, un
+ on additionne et un - on soustrait ( types a et b ). Mais
si la réponse va à gauche du signe
d'égalité, il faut toujours soustraire (types
c et d ).
Après avoir réussi à quelques reprises
à élaborer des lois englobant tous les cas
connus à ce moment, après, quelques mois plus
tard, avoir été piégés à
cause de ces lois, n'est-il pas normal que de nombreux
élèves se mettent à douter de leurs
capacités et mettent en veilleuse de merveilleuses
facultés ?
Les élèves vont éventuellement
réussir le dernier type d'égalités non
pas parce qu'ils comprennent, mais parce qu'ils savent que 1
- 3 = 4 est inexact. Mais si on leur demande de
compléter ___ - 345 = 512, ils avouent ne pas savoir
s'il faut additionner ou soustraire.
Un enseignement par objectifs micro-gradués et
coupé de liens avec des situations concrètes a
donc conduit plusieurs élèves à
construire des lois qui leur permettaient de survivre au
moins à court terme.
On peut faire mieux. Je serais heureux de vous faire
parvenir une unité d'enseignement qui s'adresse aux
élèves de 6 ou 7 ans et qui règle le
problème des termes manquants. Expédiez-moi un
courriel avec la mention « Banquiers » comme
objet. C'est gratuit !
Robert Lyons
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