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MATHADORE
Volume 1 Numéro 5 - 13 mars 2000
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L'hebdomadaire gratuit portant sur l'enseignement des mathématiques
Les chevaux mathématiques
Une
corde mesure 2 mètres à une heure, quelle est
sa longueur à 3 heures ?
Une poule qui a 2 pattes est attachée à un
piquet ; une vache qui a 4 pattes est attachée
à 2 piquets. Combien de pattes aura un cheval
attaché à 3 piquets ?
Les problèmes qui précèdent ne sont pas
des problèmes de mathématiques, ce sont des
pièges ! Peut-être, mais qu'importe ! En fait,
ces énoncés ont l'avantage de nous montrer
comment la majorité des élèves de huit
à treize ans perçoit les
mathématiques.
Au premier problème, cette majorité
d'élèves répond 6 mètres et au
deuxième problème, 6 pattes.
Est-ce un problème de lecture ? Ce serait surprenant
car, que les problèmes soient donnés oralement
ou par écrit, les réponses demeurent les
mêmes.
Certains élèves ont répondu au second
problème : « Logiquement 4 pattes,
mathématiquement 6 pattes . » D'autres ont
expliqué qu'en maths, c'était comme
ça...
Dans une classe de 25 élèves, il y a 15 filles
et 10 garçons. Combien y a-t-il
d'élèves dans cette classe ? 50.
Vous ne souhaitez pas obtenir 50 comme réponse alors
n'écrivez pas qu'il y a 25 élèves dans
cette classe ou écrivez 25, mais en lettres. Pour
obtenir 40, écrivez le nombre de garçons en
lettres.
Un élève m'a déjà écrit :
25 + 15 - 15 = 25. Interrogé, il me dit que le
problème était « niaiseux » car on
donnait la réponse en partant. « Mais alors,
pourquoi écrire 25 + 15 - 15 = 25, si tu connaissais
déjà la réponse ? » lui dis-je. Sa
réponse : « C'est un problème de maths,
alors, il faut que je calcule quelque chose. »
Faire des maths, c'est calculer quelque chose ! N'importe
quoi ! D'ailleurs, reprenez les énoncés de
problèmes de ce texte, présentez-les dans le
cadre d'un travail de français, en
compréhension de texte, et vous obtenez des
réponses qui ont du sens.
À moins de soumettre ces problèmes aux
élèves de six ou de sept ans. Ces petits
futés répondent infailliblement que le cheval
aura quatre pattes. Soyez patient, dans deux ans ce sera
différent, ils penseront alors que faire des maths
c'est calculer...
Est-il possible que nous insistions trop et surtout trop
tôt sur la mémorisation des tables de calcul et
sur le calcul écrit ? Ne serait-il pas plus
pertinent, lorsque l'élève commence
l'apprentissage des mathématiques, de
développer d'abord une perception selon laquelle les
mathématiques existent afin de permettre de
comprendre notre environnement ?
Robert Lyons
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