Club défi - Cinquième année
16 mars 2008
La conception de Défi mathématique
En 1975, après une recherche sur les causes de difficultés
des élèves parallèlement à l’observation de
jeunes enfants en apprentissage, il nous est apparu évident qu’un
grand nombre de difficultés d’apprentissage résultent de
séquences d’apprentissages malheureuses et de la méthodologie
utilisée.
En ce qui concerne les séquences d’apprentissages, on enseigne
régulièrement aux élèves des concepts pour
lesquels ils n’ont pas acquis les notions préalables. Il en résulte
que les élèves ne peuvent construire par eux-mêmes
leurs apprentissages et il nous faut alors recourir, par défaut,
à l’enseignement explicite. À ce sujet, il nous est apparu
que l’enseignement par explications est rarement utilisé à
l’extérieur de l’école, surtout chez les jeunes enfants.
Or ces jeunes enfants semblent apprendre davantage et plus rapidement que
leurs aînés d’âge scolaire.
La conception de Défi mathématique
s’est donc appuyée sur deux éléments majeurs : l’histoire
des mathématiques et l’expérimentation généralisée
en
classe.
L’histoire des mathématiques nous a donné deux éléments
importants, la séquence des concepts et le type de problèmes
qui ont un jour incité nos ancêtres à percevoir les
concepts mathématiques. En ce qui concerne la séquence, le
principe est simple, lorsque nos ancêtres découvraient un
concept, ils devaient forcément en maîtriser les préalables.
Or, de grandes discussions naissent lors de la rédaction des programmes
afin d’établir cette séquence. Malheureusement l’histoire
des mathématiques est rarement consultée au moment de rédiger
un programme. Si cela était fait, on réaliserait, entre autres,
que le concept de multiplication a existé plusieurs millénaires
avant celui de numération positionnelle et que nos ancêtres
ont aussi inventé les fractions avant la numération positionnelle.
Lorsqu’un préalable n’est pas en place personne ne peut inventer
un concept et rares sont ceux qui peuvent le comprendre au moyen d’explications
et d’exercices répétitifs.
Évaluer un programme ou une activité d’apprentissage ne
peut être réalisé correctement que par l’observation
directe d’élèves en classe. Malheureusement la majorité
des fonctionnaires du ministère, des universitaires et des auteurs
de manuels scolaires ne le font jamais. Quelques-uns de ceux-ci le font
très ponctuellement sans que ces observations soient suffisantes.
Enfin, malgré quarante années de carrière, il nous
suffit des doigts d'une seule main afin de dénombrer les fonctionnaires,
les universitaires et les auteurs de manuels scolaires qui ont personnellement
pris le temps de valider leurs idées en classe.
La conception de Défi mathématique ne s’est jamais appuyée
sur des spéculations. Elle a consisté en huit années
de travail en classe dans toutes les classes de quatre commissions scolaires
de la Rive-sud de Montréal. En première année, ces
recherches de base se sont déroulées de 1975 à 1983,
en deuxième année, elles ont eu lieu de 1976 à 1984,
… Cela nous a permis de vérifier les effets à long terme
d’une stratégie d’enseignement avant la première publication
des manuels ( 1983 pour Défi mathématique 1). Mais les recherches
ne se sont pas arrêtées là. En effet, un groupe de
recherches, fondé en 1975, le GRDM, qui regroupe depuis cette date
des conseillers pédagogiques qui travaillent régulièrement
en classe, a largement contribué à améliorer notre
compréhension de l’apprentissage et de doter Défi mathématique
de nombreux outils complémentaires. Tout cela nous permet aujourd’hui
de pouvoir vous donner des conseils selon vos besoins en nous référant
sans cesse à des situations que nous avons nous-mêmes vécues.
Alors, n’hésitez pas à nous faire part de vos questions et
de vos difficultés.
Robert et Michel Lyons
Activités
pour les 25e, 26e et 27e semaines
Numération
Le bloc D, que vous commencerez bientôt,
permet de réviser la numération positionnelle et les techniques
de calcul. Il donne donc en même temps de nombreuses occasions d’évaluer
vos élèves en vue du bilan de fin d’année.
Fractions
La fiche B-16 peut servir à l’évaluation.
Si vos élèves peuvent facilement changer une fraction en
une autre fraction qui lui est équivalente, alors tout va très
bien et ils possèdent déjà tous les savoirs essentiels
relatifs aux fractions qui sont requis à la fin du troisième
cycle.
Jeux de nombres
Les fiches C-21 et C-22 peuvent sembler n’être
qu’un jeu, mais elles permettent de construire une image mentale tellement
importante que nous utilisons régulièrement pour dépanner
des élèves du primaire et du secondaire. Ne les négligez
pas !
Géométrie
Les fiches C-27 et C-28 peuvent être réalisées
plus tard, dans les temps libres de vos élèves. Ces activités
ludiques permettent de développer le sens de l’organisation spatiale.
En touchant le domaine de la perspective, elles contribuent au développement
cognitif de l’élève en le préparant à passer
au stade dit «opératoire formel».
Méli-mélo
Quelques petits problèmes qui sollicitent
l’ingéniosité et le raisonnement.
Robert et Michel Lyons.
Prochaine parution : le 5 avril 2008.
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