Club Défi 5
Maths et projets
L’enseignement par projets, surtout lorsqu’il consiste en un enseignement
multidisciplinaire et thématique, permet rarement une intégration
de mathématiques avancées. Certes, on peut y retrouver des
éléments mathématiques courants tels le dénombrement
simple, la mesure de longueur, l’étude des formes géométriques
courantes,… tous ces éléments que les élèves
apprennent régulièrement à l’extérieur de l’école.
Cependant, la pertinence des transformations numériques, des opérations
sur les fractions, des transformations topologiques, des statistiques et
des probabilités sera rarement présente. En fait, s’il est
possible et valable d’associer certaines matières dans un même
thème, c’est surtout lorsque ces matières visent des compétences
de même nature. Ainsi, les langues et les arts développent
d’abord l’expression et la communication. De plus, ces matières
s’associent bien aux sciences humaines afin de développer la culture
générale.
Bien que les mathématiques utilisent des moyens de communication,
leur objet premier est la découverte de propriétés
présentes dans l’environnement. La langue que les mathématiques
privilégient pour s’exprimer a des caractéristiques fort
différentes de celles des langues littéraires. De plus, la
culture mathématique découle de la découverte des
lois de la nature et non de conventions variant d’un pays à l’autre.
Bref, il y a une culture mathématique commune alors que les langues,
les arts et les sciences humaines manifestent des cultures diverses. Pour
cette raison, les mathématiques sont découvertes, les langues
sont inventées. Il n’est donc pas surprenant qu’un projet approprié
en langues le soit rarement en mathématiques. Le projet permet aux
élèves de saisir le rôle de telle matière scolaire
ou de tel aspect de cette matière. Il facilite la motivation, il
éveille ou nourrit la curiosité.
En mathématiques, le projet peut atteindre les mêmes objectifs,
mais il y a mieux : le défi et le conflit cognitif. Nous sommes
ainsi faits que les défis que nous posent certains problèmes
suscitent une volonté de travailler. Les mathématiques et
leur apprentissage se nourrissent de tels défis. Parfois, le défi
consiste à inventer une solution originale à un problème,
parfois il s’agit de résoudre une contradiction qui crée
un déséquilibre cognitif, c’est ce qui est appelé
un conflit cognitif.
Bref, il semble qu’il existe au moins deux sortes de projets :
ceux qui sont pertinents pour les matières inventées
(langues, arts, sciences humaines) et ceux qui
sont appropriés aux matières découvertes
(mathématiques et sciences de la nature). Ces projets posent des
problèmes de natures différentes et tenter de les fusionner
est artificiel.
Par ailleurs, en mathématiques, certains problèmes sont
propices à l’invention des concepts mathématiques alors que
d’autres conduisent plutôt à les appliquer. Un problème
est dit «d’application» lorsque l’individu peut le résoudre
par simple utilisation de ce qu’il connaît. Un problème «d’invention»
exige plus qu’un simple transfert, il demande un nouvel arrangement de
ce qui est connu. Habituellement les projets qui touchent plusieurs matières
ne contiennent que des problèmes mathématiques d’application
et permettent rarement à l’élève de construire ses
mathématiques. Bref, d’un point de vue constructiviste, le projet
n’est pas l’instrument idéal pour l’apprentissage des mathématiques.
Ainsi, la trigonométrie a été mise au point afin de
permettre de trouver la distance séparant la Terre de diverses étoiles.
Aucun moyen n’existait alors afin de résoudre un tel problème.
Par la suite, la trigonométrie a été appliquée
à des problèmes «terrestres» qui étaient
résolus avant sans trigonométrie. Ces derniers problèmes
ne nécessitaient pas l’invention de la trigonométrie. Par
rapport à la trigonométrie, il s’agit de problèmes
d’application.
Il semble de plus en plus évident que la construction d’un programme
ou d’un manuel d’enseignement des mathématiques doit découler
d’une bonne connaissance de l’histoire des mathématiques.
Robert Lyons
Activités pour les 23e et 24e semaines
Numération
Au problème 23 du guide, ne vous surprenez pas si vous voyez
les élèves trouver d’abord le pourcentage des multiples de
1$. Il est en effet facile de trouver 7% de 3$ en faisant : 7 X 3 = 21
et en considérant ensuite que ce 21 représente des cents,
unité cent fois plus petite que les dollars. Par la suite, s’ils
peuvent trouver que 21¢ est 7% de 3$, ils comprendront plus facilement
d’abord que 2,10$ est 7% de 30$. Trouver 7% de 300$ ne cause habituellement
pas de problèmes.
En comparant le 7% de 300$, de 30$ et de 3$ (21$, 2,10$ et 0,21$ )
il sera possible de découvrir le modèle qui permet d’anticiper
ce que représente 7% de 0,30$. Cette découverte devrait être
effectuée avant d’aborder tout système de calcul du pourcentage.
En effet, elle démontre strictement que l’élève comprend
le sens du pourcentage, qu’il en possède une idée globale.
Le reste suivra plus facilement.
Fractions
Pour la page B-15, il est souvent difficile de comprendre ce qui est
cherché et ce qui est connu. Un truc, invitez les élèves
à tracer un rectangle dans lequel ils placeront ensuite la donnée
et la fraction qu’elle représente. Par exemple 45$ et ¼ pour
le problème 1a. Il sera ensuite plus facile de comprendre ce que
100% représente et de tracer au besoin 3 autres rectangles valant
¼ du prix ou 45$ chacun.
Le problème 11 du guide utilise cette stratégie à
sa manière avec les pizzas prédécoupées.
Il conduit souvent à de belles démonstrations par les
élèves.
Jeux de nombres
N’oubliez pas de permettre à vos élèves de construire
les différents rectangles. Établissez avec soins les liens
entre ces rectangles et les multiplications et divisions qu’ils évoquent.
Géométrie
La réalisation du problème 16 et des pages C-24 et suivantes
en parallèle avec les problèmes prévus par la planification
du module Jeux de nombres, aidera les élèves à assimiler
davantage les unités de mesure métrique.
Méli-mélo
Vous continuez les activités qui touchent la lecture et l’interprétation
de diagrammes. Rappelons que le module D de Méli-mélo présente
la majorité des activités qui développent les savoirs
essentiels prévus dans le programme au sujet des statistiques.
Robert et Michel Lyons.
Prochaine parution : le 16 mars 2008
|